Julie Pouliquen, La Cordée

A la rencontre de Julie, co-fondatrice de La Cordée

Impossible de vous le cacher, Thriès est très liée au réseau de coworking La Cordée et à ses membres.
Nous avons eu envie de donner la parole à Julie, que la plupart des coworkers du réseau, les encordés, connaissent comme couteau suisse. Ces personnes polyvalentes sont responsables du bon fonctionnement des différentes Cordées. Ils et elles sont aussi présent(e)s pour faciliter la création de liens entre les membres. 
Julie Pouliquen est co-fondatrice du réseau d’espaces de coworkings La Cordée. Lancée en 2011, cette entreprise est l’une des pionnières en France puisque le concept n’a été importé que trois ans plus tôt.
Nous lui avons demandé comment elle avait vécu le confinement et l’après, et comment elle voyait l’avenir des tiers lieux comme la Cordée.

Bonjour Julie, comment s’est passé pour toi la période du confinement?

Le début était étrange. À la fois, l’arrivée d’une pause était salvatrice. Mon début d’année avait été chargée et j’avais besoin de souffler. Et en même temps, quel contexte étrange et angoissant pour cette respiration !
Du côté de la Cordée, au début c’était assez confus : que faire pour l’équipe et le projet ? Que faire pour les encordés ? Doit-on porter un message sur l’entraide et le travail à distance auprès du grand public ? Les prises de parole se multipliaient autour de nous : quelle devait être la nôtre ? C’était un peu cacophonique… Le tout dans un contexte où 90% de l’équipe était au chômage technique !

Qu’avez-vous finalement décidé ?

La Cordée, logo, coworking

On a pris conscience que à l’échelle locale, les gens qui avaient besoin de contact prenaient les choses en main. Certains couteaux suisses intervenaient dans des groupes Whatsapp avant le confinement, et les encordés étaient déjà bien organisés au départ ce qui a facilité les choses.
Nous avons aussi compris quelque chose d’essentiel, c’est qu’il n’y a pas d’esprit Cordée sans Cordées. Notre réseau social, Le Refuge, est là pour inciter les gens à aller à la rencontre les uns des autres, pas à rester dans le virtuel. Du coup, c’était normal que notre action soit un peu en pause.
Nous avons fait le choix de virtualiser des événements qui pouvaient l’être, et les encordés en ont organisé plein d’autres de leur côté.

Comment avez-vous communiqué avec les encordés justement ?

Il y a eu la création du Discord qui a facilité la communication. La transparence est l’une des valeurs fondamentales de La Cordée donc nous avons continué pendant ce qui s’est passé. La dominante était la crainte sur l’avenir de La Cordée et l’activité de chacun. Allait-on pouvoir réouvrir après le confinement ou allions-nous couler entretemps ? Nous avions à coeur de parler des mesures prises, de ce que nous pouvions faire pour les encordés pendant le confinement. On a dit ce qu’on a fait, et on a fait ce qu’on a dit.

Après avoir vécu cette période avec cette équipe, qu’en est-il de ton rapport à ton travail?

Je ressors de ce confinement avec une confiance renouvelée dans notre équipe et dans ce qu’on fait. Je suis très fière de faire partie de cette équipe qui a très bien réagi dès le départ et a montré des capacités de gestion entrepreneuriale très fortes, en allant négocier avec les bailleurs et en mettant en place le chômage partiel à bon escient ce qui nous a permis de nous placer dans des conditions assez sereines par rapport au confinement et à la reprise. 

La Cordée , brainstorming
Mur à idées où chacun donne son avis

Dans le contexte actuel, quelle place le coworking en général, et La Cordée en particulier, peuvent-ils avoir? 

Je suis sincèrement persuadée que le coworking est une des réponses aux questions que les gens se sont posés pendant le confinement, notamment sur la nécessité d’un équilibre entre la vie professionnelle et la vie personnelle. Certains espaces n’ont pas survécu à la crise mais je suis persuadée que ceux qui s’en sortent vont avoir une vraie carte à jouer dans les nouvelles attentes des gens par rapport à leur travai

Je pense qu’il faut se laisser plus de flexibilité dans l’organisation de sa vie pour se sentir mieux. Et privilégier les contextes où on se sent bien. Nous sommes dans cette optique de durabilité et de pérennité. Les Cordées sont pleines de plantes, certaines ont même un lombricomposteur car ça fait partie de nos convictions. Pendant longtemps, on a dit aux gens de laisser leurs valeurs, leur convictions, leur besoin de nature hors de leur espace de travail. Ici, nous acceptons les gens comme ils sont.

 Aujourd’hui, on n’a plus forcément envie de laisser leur vie de côté quand on arrive au travail. Et pourtant, on ne choisit pas ses collègues qui sont les personnes avec qui on va passer plus de temps qu’avec notre famille. Alors qu’un espace comme La Cordée est un espace intermédiaire, un tiers lieu. Il y a certes l’aspect travail mais entre eux les gens ne parlent pas que de ça. Il y a aussi ce plaisir de se retrouver, parce qu’on n’est jamais sûr de qui sera là dans la journée. Du coup, quand on arrive le matin, on est vraiment accueilli par les autres. Rien n’est faux dans les relations nouées ici, dans quel job as-tu ça?

Un grand merci à Julie pour cette discussion passionnante et pleine de sagesse.

L’implantation de Thriès en espace de coworking s’est faite très naturellement. Quel est votre point de vue sur ces tiers lieux? Avez-vous ressenti le besoin de plus de flexibilité pendant ou après le confinement ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *