Parole d’entrepreneur : Alexis Leseigneur, associé de l’AFK et AFKraft

Thriès a voulu donner la parole aux entrepreneur.e.s qui, comme nous tous, font face à la crise actuelle. Comment sont-ils.elles impacté.e.s ? Comment s’adaptent-ils.elles ? Qu’envisagent-ils.elles pour la reprise ? Nous partageons avec vous les expériences, les solutions et les conseils d’entrepreneurs pour faire face à cette situation inédite. N’hésitez pas à nous partager les vôtres !

L’AFK est un bar fondé il y a quelques années par quatre copains qui voulaient créer un lieu où les geeks se sentiraient comme à la maison. Le lieu, très accueillant, comporte plusieurs espaces dont un destiné au jeu sur consoles et une ancienne cuisine transformée en salle de jeu sur PC. L’AFK a depuis bientôt 2 ans une annexe de l’autre côté de la rue, l’AFKraft, où sont vendues des bières à emporter *.

C’est là que nous sommes allés (en respectant la distanciation sociale et les gestes barrière) interroger Alexis sur l’impact de la crise sur l’activité de ces deux sociétés, la façon dont il voyait l’avenir des débits de boisson et ses conseils d’entrepreneurs face à la crise.

Bonjour Alexis, nous sommes à l’AFKraft qui est ouvert, comment s’est passée l’activité de la boutique pendant le confinement et comment se passe-t-elle maintenant ?

Bonjour, dans un premier temps le gouvernement avait annoncé que les cavistes et les débits de tabac allaient fermer mais il est revenu sur sa position et nous sommes passés dans les boutiques de première nécessité. Nous avons la chance d’avoir un formidable réseau de clients qui nous ont soutenus dès le départ et qui permettent que la boutique continue à tourner. Cependant, il a fallu adapter notre stratégie commerciale afin de pouvoir limiter les contacts physiques avec les clients. Nous avons mis en place un système de drive, les clients passent commande par mail et viennent récupérer leur commande à la boutique. Je désinfecte les bouteilles et les canettes en préparant leur commande, ce qui garantit une hygiène parfaite, et le terminal de paiement électronique est nettoyé après chaque utilisation et ce même si nos clients doivent se passer les mains au gel hydroalcoolique en entrant. Certains clients viennent aussi choisir leurs produits directement en magasin, surtout depuis le début du déconfinement. Nous avons aussi mis en place un système de livraisons depuis mi-avril, notamment pour nos clients à risques. Ce système de livraisons a drainé de nouveaux clients ce qui est appréciable.


L’AFK et l’AFKraft ont toujours privilégié les petites brasseries, comment ça se passe avec les fournisseurs ?

Notre politique c’est d’être honnêtes avec nos fournisseurs et nous mettons un point d’honneur à ce que tous nos règlements soient effectués dans les temps. Ce n’est malheureusement pas la politique de tous nos clients. Nos partenaires ont autant besoin de nous que nous avons besoin d’eux. Nous n’avons jamais cessé de recevoir de nouvelles références. La bière est un produit vivant qui ne se conserve que quelques mois. C’est pourquoi au début du confinement plusieurs caves à bière ont pris contact avec des bars vendant le même type de produit qu’eux afin de racheter tout ou partie de leur stock et limiter les pertes de ces établissements. Nous avons le devoir de nous serrer les coudes afin de préserver ces lieux de sociabilité.

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Justement, l’AFK, de l’autre côté de la rue, est fermé, qu’est-ce que ça implique pour vous et quelles sont les perspectives d’avenir ?

Nous avons perdu plus de 45.000 € depuis mars. Nous n’avons pas le droit aux aides car nous ne rentrons pas dans les critères d’obtention. L’AFKraft étant une jeune boîte, elle ne permet pas de subvenir aux trois salaires que le bar nous verse en temps normal. Cependant, la boutique permet quand même de payer nos fournisseurs et de limiter les dégâts niveau trésorerie. Les loyers et les charges continuent d’être dus ce qui va mettre beaucoup d’entreprises dans de grosses difficultés financières. On parle d’une autorisation de réouverture des bars au 2 juin mais les conditions sont draconiennes : si on doit mettre 4 mètres carrés entre chaque table comme c’est préconisé nous ne parviendrons pas à accueillir assez de monde pour que notre activité soit rentable. Beaucoup de sociétés de la taille de la notre survivent actuellement grâce aux aides mais celles-ci risquent de s’arrêter quand nous aurons obtenu l’autorisation de rouvrir. Je crains une vague de faillites non pas à la fin du confinement mais à l’automne.

Aurais-tu des conseils à donner aux autres entrepreneurs, notamment commerçants?

Il y en a trois. Tout d’abord, il faut diversifier ses activités car si l’une d’entre elles marche moins bien à un moment, le reste pourra compenser.

Le second concerne les finances. Mes associés et moi sommes persuadés qu’il faut faire en sorte d’avoir deux mois de trésorerie d’avance. On ne sait jamais ce qui peut arriver. Dans notre cas, des travaux étaient prévus dans le bar cette année et le budget prévu servira à nous en sortir à la réouverture de l’AFK.

Enfin, il faut se serrer les coudes et ne pas se perdre dans une concurrence effrénée. On peut effectivement vouloir capter les mêmes clients, mais nous croyons profondément en la solidarité entre entrepreneurs. Ce sont des valeurs que nous partageons avec nos clients et nos fournisseurs.

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Merci à Alexis de sa sincérité avec nous, et on croise les doigts pour le 2 juin ! Vous pouvez également retrouver l’AFK bar sur Instagram

La boutique AFKraft est actuellement ouverte du lundi au samedi de 13h à 19h au 55 rue de l’Université à Lyon 7.

Et si vous aussi vous preniez le temps de prendre un verre* ? Thriès vous propose des solutions pour réduire votre charge mentale. Contactez-nous !

* L’abus d’alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération