Paroles d’entrepreneurs : Etienne Bulidon, ostéopathe et entrepreneur passionné

Thriès donne la parole aux entrepreneurs. Nous partageons avec vous leurs expériences, leurs solutions et leurs conseils. Aujourd’hui, en lien avec notre dernier article, nous mettons l’accent sur votre santé d’entrepreneur.e… Et vous verrez que notre invité, ostéopathe et entrepreneur, a fait de la sienne une priorité.

Nous avons rencontré Etienne le jour de son anniversaire, en terrasse, sous le soleil de l’été lyonnais. Etienne est ostéopathe, mais il est impossible de le résumer en un mot ! Il pratique en cabinet pour les particuliers, en clubs sportifs de haut niveau, ou même directement auprès des stars du basket mondial. Il a écrit un livre, a créé un podcast,… Une vie d’entrepreneur bien remplie donc ! Mais au coeur de ses projets, un fil conducteur : la santé, et au delà, l’ancrage dans son corps et dans un mode de vie qui lui convient. Dirigeants de TPE/PME, indépendants, entrepreneurs, écoutez bien le conseil précieux d’Etienne : écoutez-vous et surtout faites de votre santé une priorité. En l’intégrant au coeur de vos projets, la réussite vous attend. Thriès vous donne la posologie : à écouter sans modération !

Peux-tu te présenter et nous en dire plus sur tes activités ?

Oui, j’ai plein d’activités ! Je m’appelle Etienne, je vis à Lyon et je viens d’avoir 31 ans aujourd’hui, il y a quelques heures. Je travaille beaucoup parce que j’aime toutes mes activités. Pourtant, j’ai réalisé pendant le confinement que c’est important de digérer un peu tout ce qu’on emmagasine. Mes activités m’apprennent énormément de choses, mais j’ai compris qu’en ne faisant rien de temps en temps, on intègre mieux ce que l’on apprend. Un peu comme quand tu digères après un gros repas : tu peux sauter un repas et ton corps est content ! Pour l’esprit c’est un peu pareil. Du coup, j’essaie de prendre du recul, et surtout du temps pour mes activités mais aussi pour lire, faire des sieste tous les jours, sortir un peu la tête du guidon par rapport à toutes ces activités… 

Cette année j’exerce trois activités principales. Mon activité principale c’est d’être ostéopathe en cabinet, auprès de particuliers. C’est la base de toutes mes activités. En parallèle, je viens de signer avec l’Asvel, l’équipe professionnelle de basket de Lyon. Je travaille déjà avec les filles, je vais travailler avec les garçons, des équipes d’Euroligue, le plus au niveau européen, donc c’est très stimulant. Ensuite, je fais également du consulting avec des joueurs pros français qui jouent à l’étranger. Je me déplace dans leurs clubs aux quatres coins du globe et leur donne accès à des avis médicaux de professionnels de santé de très haut niveau en France (qu’ils n’ont pas forcément sur place). Et enfin, j’ai un podcast, “Et surtout la santé”, qui est mon hobby mais qui me rémunère aussi et qui me prend beaucoup de temps quand même.

Voilà pour mes activités pros et puis j’essaie de faire du sport aussi, en organisant mes journées en fonction de mon sport et non l’inverse. Je fais de la course à pieds et du street workout sur les quais, et je me déplace en vélo !

Ostéopathe en cabinet et en club sportif, créateur de podcast, sportif, etc… Il y a le fil conducteur de la santé dans ta vie. Comment t’es venu cet intérêt pour les sujets de santé ?

Alors à la base j’étais en centre de formation pour être pro au basket, mais je n’ai jamais été pro, je n’en avais pas la capacité. Et puis, j’avais rencontré un kiné et ostéo. Je me disais que ça pouvait être sympa de faire ça. Je me suis tourné vers cela sans savoir que ça allait me passionner. Et au final, c’est tellement intéressant ! J’ai rencontré des gens qui soignaient des choses incroyables avec les mains, qui prenaient des gens en charge avec leurs mains… Et j’ai été, comment dire… attiré et obsédé par la capacité d’auto-guérison du corps et le fait que, avec des mains, on puisse booster, guérir des gens via les énergies qu’ils ont en eux !

Mais j’aime aussi l’idée d’être ancré. Parce que dans le soin, on peut voir des choses quasi ésotériques… Certains deviennent des guérisseurs, des chamanes même… Mais mon activité dans le sport professionnel me permet de rester ancré, de me tenir au fait des techniques de chirurgie ou de rééducation, etc… Donc finalement, la rigueur et le niveau des gens avec qui je travaille, et les enjeux financiers aussi, font que je suis obligé de m’intéresser à tout. Et puis, je trouve ça passionnant. C’est le jackpot pour moi : j’ai une obligation de m’intéresser à des sujets qui, en plus, sont passionnants ! Je suis quelqu’un de passionné de base… Je trouve que la vie est belle et qu’il y a plein de choses auxquelles s’intéresser ! En ce moment je m’intéresse à la sylviculture [culture, gestion et mise en valeur d’une forêt ou d’un boisement], j’ai acheté des parcelles de bois ! Donc ça a été la santé un peu par hasard, et l’exigence du milieu dans lequel je travaille qui a développé ma passion.

A titre personnel, en tant qu’entrepreneur aux multiples projets, comment fais-tu pour ne pas oublier ta santé au quotidien ?

J’ai déjà pris la décision de mettre le sport et mon alimentation au centre de ma vie, et pas l’inverse. C’est pas du bonus. J’ai priorisé trois choses en fait : sport, alimentation et sommeil. J’ai acheté un local commercial et j’y ai concentré mon activité. Il y a mon cabinet, à l’arrière j’ai une cuisine, un espace pour dormir. Donc j’ai moins besoin de courir et j’organise mes journées depuis cette base. Je suis à côté d’une place où il y a un marché trois fois par semaine, eh bien j’ai noté dans mon agenda des temps dédiés à aller au marché. J’achète quasiment tout au marché le matin et je ne finis pas à acheter du fast-food le soir parce que je n’ai plus le temps ! Pour le sport, je me déplace en vélo, et mes créneaux de sport sont placés dans mon agenda, au même titre que des événements professionnels. J’ai aussi pris un collaborateur pour gérer les urgences au cabinet. J’ai de moins en moins de problèmes à dire que je ne suis pas dispo pour certaines urgences. En fait, j’ai pris conscience que faire mon sport, c’est plus important que s’épuiser pour un patient et être moins bon avec le suivant, etc… C’est un cadeau pour les gens que je soigne. Autant être honnête : “Je vais être trop fatigué, j’ai besoin de dormir, va voir quelqu’un d’autre, on se voit dans une semaine…”. Enfin, pour le sommeil, j’y fais attention aussi. Je commence à 7 heures le matin. Et si je ne me suis pas couché tôt, parce que je suis tout de même très sociable, je ne commence pas les consultations à 8h, je prends le temps de dormir plus. Et j’ai mon créneau de sieste tous les jours.

Tout ça, ça paraît simple dans la théorie. Mais ça nécessite des ajustements. Pour m’organiser comme ça, j’ai du avoir mon local, avec une douche, un espace pour dormir… Il y a plein de gens qui n’ont pas le matériel pour pouvoir faire ça. Donc j’ai vraiment organisé ma vie autour de cette vision. J’ai trouvé ce local il y a un an mais avant, je m’épuisais plus facilement parce que je courais un peu partout. Je passe mon temps à parler de santé, mais j’ai mis du temps à mettre ma santé en priorité. Une amie m’a dit qu’il fallait organiser sa journée en fonction des activités sportives qu’on souhaitait faire, et non faire du sport quand il reste du temps. Et ça, ça m’a marqué ! C’est ce que j’essayais de faire avant mais elle me l’a formulé très clairement. Et puis surtout le confinement m’a montré que, parfois en ne faisant rien on peut être productif ! On prends le temps d’intégrer des choses. Donc ça déculpabilise aussi. Aujourd’hui j’ai pris le temps pour une journée cool… Avant j’aurais culpabilisé ! Maintenant, j’ai mon collaborateur au cabinet, je suis vraiment tranquille dans mon esprit. 

Ton activité est intimement liée à la pratique sportive et au domaine du sport, y compris de haut niveau. Le lien entre santé et sport a toujours été évident pour toi ?

Pour moi le lien entre santé et sport est évident mais ça dépend du sport ! Par exemple, le sport de haut niveau n’est pas forcément bon pour la santé… Faire du base-jump, statistiquement c’est pas forcément bon pour la santé ! Et sans rentrer dans les extrêmes, si on se penche sur le basket ou le football professionnel : quelqu’un qui fait deux matchs par semaine, qui s’entraîne énormément, qui joue sous anti-inflammatoires le week end… Je ne suis pas sûr que ses genoux, à 40 ans soient en meilleure santé que les tiens !

Je vais te raconter une histoire à ce sujet. Qui montre bien qu’il faut nuancer. C’est l’histoire d’un jeune homme qui pars de chez lui et ne reviens pas. Le voisin de son père, mis au courant de sa disparition dit à celui-ci : “Ton fils a disparu, quel malheur !”. Le père répond : “On ne sait rien de la situation, il peut toujours revenir !”. Quelques jours plus tard, son fils réapparaît avec un grand et beau cheval qu’il a trouvé dans la forêt. Le voisin hébété dit à son père : “Il en a de la chance ton fils d’avoir trouvé ce cheval !”. Le père du jeune homme ménage ses propos en répondant : “On ne sait pas si c’est de la chance, attendons de voir ce qu’il se passe…”. Quelques jours après, le cheval s’emballe et fait tomber le jeune homme qui se casse la jambe. Voyant ça, le voisin s’exclame : “C’est vrai qu’en fait, il n’a pas de chance ce garçon !”. Finalement, une semaine après une guerre éclate et tous les jeunes du village sont appelés au combat. Ils sont tous tués au front, et il ne reste que le jeune homme qui s’était cassé la jambe qui survit, puisqu’il ne pouvait pas combattre.

Bref, l’histoire permet de relativiser ce qui est bien, ce qui est mal… 

L’idée de s’entretenir avec le sport, de bouger, c’est génial, mais il faut s’écouter. Je pense qu’en tant qu’êtres humains, on doit bouger, notre corps est fait pour ça. Si tu fais rouler une Ferrari à 50 km/h, son moteur n’est pas fait pour ça. Eh bien nous, je pense qu’en tant qu’humain, on est programmé pour bouger. Aujourd’hui, on se sédentarise trop vite par rapport à notre évolution, à ce pour quoi on est fait. Donc ma vision, c’est d’être en accord avec ce que la nature nous a donné : faire un peu de sport, ne pas manger au fast-food, etc… c’est plus cohérent par rapport à ce que la nature veut de nous, pour être un peu philosophe !

Et pour terminer, si tu devais donner à un.e entrepreneur.e un seul conseil ou une seule et unique bonne habitude à mettre en place pour favoriser sa santé, quelle serait-il/elle ?

Eh bien comme je le disais, remets sa santé au centre de tout et ton business ira mieux ! Même si tu ne le vois pas sur le moment, sur le moyen ou long terme, si ta santé est au centre de ta vie, tu seras plus performant sur le long terme, c’est sûr. C’est du bon sens au final !

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Merci à Etienne Bulidon pour ces partages précieux ! Vous pouvez retrouvez son podcast sur la plateforme Ausha : Et surtout la santé; et vous pouvez le suivre sur ses réseaux : Instagram, Facebook et LinkedIn.

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