Paroles d’entrepreneurs – Mathieu Prébin, directeur de VirtuaProd

Thriès a voulu donner la parole aux entrepreneurs qui, comme nous tous, font face à la crise actuelle. Comment sont-ils.elles impactées ? Comment s’adaptent-ils.elles ? Qu’envisagent-ils.elles pour après ? Nous partageons avec vous les expériences, les solutions et les conseils d’entrepreneurs pour faire face à cette situation inédite. N’hésitez pas à nous partager les vôtres en commentaires !

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Mathieu a 38 ans, il est expert en informatique et a créé la SASU Virtuaprod en 2016. Fondateur et salarié de son entreprise, il a recruté deux autres personnes ces deux dernières années. Ses collaborateurs et lui sont en prestation de services chez leurs clients en tant que consultants en virtualisation.

Gaspard, notre fondateur, l’a invité à un rendez-vous en visioconférence pour lui demander comment sa société vit la situation actuelle et comment il entrevoit l’avenir après le confinement. Mathieu nous raconte également comment il vit personnellement la situation. Moment de vérité entre deux chefs d’entreprise.

Mathieu Prébin, VirtuaProd
Crédit photo : Aude Labrosse

Bonjour Mathieu, comment va Virtuaprod actuellement ?

Bonjour Gaspard, plutôt bien compte tenu du contexte. J’ai la chance d’avoir un salarié en activité et de pouvoir moi aussi continuer ma prestation auprès de mon client actuel. Nous sommes tous les deux en télétravail. C’est une réelle chance dont nous sommes conscients compte tenu du contexte actuel.
Par contre, la mission de l’un de mes salariés s’est achevée fin mars et je n’ai pas réussi à lui retrouver un contrat avant le confinement. Actuellement il y a peu de contrats disponibles et comme ils sont tous en télétravail, la concurrence pour les obtenir se fait sur le marché national, et plus seulement local.
Beaucoup de sociétés de services se retrouvent avec une part non négligeable de leur effectif en intercontrat *, du coup mes contacts habituels n’ont pas de mission à proposer.
J’ai fait une bonne année 2019 et je commençais bien l’année 2020, je n’ai pas de soucis de trésorerie dans l’immédiat, ce qui est un gros poids en moins.
Je suis conscient de la chance que j’ai, d’être moi-même en activité car, en tant que gérant de SASU je n’aurais pas eu le droit au dispositif de chômage partiel et j’aurais dû emprunter à la BPI pour pouvoir continuer à me verser une rémunération.” 

* NDLR : période pendant laquelle un intérimaire ou un salarié d’une société de services se retrouve sans contrat. Dans le cas de la société de services, le salarié en CDI continue à être rémunéré pendant cette période.

Quelles sont les mesures que tu as mises en place pour ton entreprise, compte tenu du contexte ?As-tu le droit à des aides de l’Etat ?

“J’ai la chance d’avoir un cabinet comptable qui entoure très bien ses clients. Il a organisé des conférences sur internet avec des intervenants spécialisés dans tous les domaines concernés ce qui m’a réellement permis d’y voir plus clair. C’est mon cabinet comptable qui a fait les démarches pour pouvoir mettre mon salarié au chômage partiel. C’est aussi lui qui m’a informé que les charges resteraient dues sur ce même dispositif.
Je suis éligible au PGE * qui permet d’obtenir des soutiens et des aides de l’Etat. Comme nous sommes deux salariés sur trois à travailler, les aides éventuelles sont forcément réduites d’autant.
Concernant la prime d’entreprise de 1500 euros, je ne suis pas éligible pour les mêmes raisons : il faut en effet une perte de CA plus importante que celle que je vais subir pour en bénéficier.
Par contre, j’ai demandé le report des charges sociales. Le prélèvement a quand même eu lieu ce mois-ci mais la situation devrait se régulariser prochainement.
J’ai quand même peur qu’après la fin du confinement les aides s’arrêtent du jour au lendemain, laissant les entreprises seules face à une activité qui ne sera pas revenue au niveau normal.”

* NDLR : PGE signifie Prêt Garanti par l’Etat. Dispositif exceptionnel mis en place par l’Etat pour faire une avance sur recettes aux entreprises fragilisées par la crise liée aux conséquences de l’épidémie de Covid19.

Justement, comment vois-tu la reprise de l’activité après le confinement ?

“Le domaine d’expertise de mon entreprise est très particulier puisque nous sommes notamment des spécialistes de la virtualisation. J’espère que les entreprises auront pris conscience que leur infrastructure informatique peut être encore plus performante. Le confinement a permis à beaucoup de sociétés de prendre conscience que le télétravail était un outil merveilleux pour la productivité et l’agilité des entreprises. Nous pouvons leur proposer des solutions adaptées, même si je suis conscient que la concurrence sera féroce.
Il se peut aussi que les clients potentiels décident d’attendre une reprise plus complète et décalent leurs investissements. Dans ce cas ce sera à nous d’être prêts et réactifs.
De façon plus réaliste, je pense qu’il faudra prendre ce qui vient au début et rester optimistes, quoi qu’il arrive.”

Et sur le plan personnel, comment vis-tu le confinement ?

“Mes journées ne sont clairement pas des journées de télétravail classique ! Mon épouse télétravaille quelques heures par semaine mais nous avons quatre niveaux scolaires différents à la maison donc ce n’est vraiment pas simple ! Du coup, dans ma journée je jongle entre mon travail, mon rôle de chef d’entreprise et celui de parent.
J’attends la fin du confinement avec impatience, mais je pense qu’on sortira tous différents de cette situation.”

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Retrouvez Mathieu Prébin sur LinkedIn.

Virtuaprod, logo

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Merci à Mathieu pour ses réponses et bon courage à lui et son équipe ! 

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